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Place du Drainage Lymphatique Manuel selon Vodder dans le traitement de la sclérose en
plaques I. Définition et historique Le Drainage Lymphatique selon la méthode originale Vodder est une
technique spécifique de massage manuel. Le Dr Vodder, kinésithérapeute
danois, biologiste et docteur en philosophie, a mis cette méthode au point
vers 1932-1936. Il l’a développée tout d’abord pour le traitement des
sinusites chroniques, pour ensuite l’étendre à un éventail très large
d’applications esthétiques, hygiéniques et thérapeutiques. Sa démarche
était surtout intuitive et empirique, tout en tenant compte des
connaissances anatomiques et physiologiques de son temps. Ce n’est qu’à
partir de 1958 que des recherches ont été menées afin d’apporter des
explications scientifiques à l’efficacité évidente de la méthode,
efficacité surprenante qui infirmait certaines théories médicales de
l’époque au sujet des massages. En outre, une importante expérimentation
clinique a été réalisée, non seulement par Vodder lui-méme, mais également
dans différents centres et cliniques spécialisés dans la méthode (l-2-3),
expérimentation dont découle la liste des indications de la méthode (4).
II. Effets principaux Le Drainage Lymphatique Manuel selon Vodder a pour effet 1) de résorber les oedèmes, d'une part en accélérant la réabsorption des liquides et des macromolécules en excès dans l'interstitium par les capillaires lymphatiques et d'autre part en stimulant le péristaltisme des vaisseaux lymphatiques (5); 2) de stimuler les processus immunitaires en augmentant, au niveau de la zone corticale des ganglions lymphatiques, la production de lymphocytes (propriétés phagocytaires et responsabilité dans la production des anticorps) (5); 3) de favoriser la régénération tissulaire, d'une part, en éliminant l'oedème interstitiel, facteur de ralentissement de la microcirculation, et, d'autre part, par l'augmentation de la production des lymphocytes dont le noyau joue un rôle nourricier et régénérateur pour les tissus (6). III.Pathogénie de la sclérose en plaques (SEP) Sans aller jusqu'à la cause première de la SEP, on a pu observer qu'au début de la maladie un processus inflammatoire réversible se manifeste au niveau des gaines de myéline de la substance blanche de la moëlle épinière. Dans la zone des foyers inflammatoires se forme un oedème local qui par compression gêne à son tour les voies nerveuses voisines. La résorption spontanée des inflammations périvasculaires locales et des oedèmes pendant les périodes de rémission explique les améliorations des symptômes, qui peuvent se manifester pendant des mois, voire pendant des années, surtout au début de l'évolution de la maladie. Au fil de l'évolution, lors des poussées successives, cette inflammation provoque la désagrégation des gaines de myéline que remplace alors un tissu cicatriciel : la nébroglie. Ces foyers d'inflammation et de démyélinisation de la substance blanche se disposent le plus souvent de façon périvasculaire (7). Ces réactions périvasculaires pourraient être comprises comme une réaction de défense de la membrane glia-pia qui enveloppe les vaisseaux (8). ces premières lésions passent ensuite à un stade de sclérose irréversible des cellules ganglionnaires. Il apparaît donc de première importance de diagnostiquer et de soigner cette maladie précocement, avant que s'installent les lésions permanentes. IV. Action du Drainage Lymphatique sur la sclérose en plaques L'efficacité du Drainage Lymphatique Manuel selon Vodder ne se limite pas à l'élimination de stases lymphatiques périphériques existant le plus souvent aux membres inférieurs, et dans l'amélioration de la circulation. Par son application au niveau du cou, de la tête et de la colonne vertébrale, les inflammations et les oedèmes périvasculaires propres aux poussées d'évolution de la SEP sont éliminés, ce qui libère les voies nerveuses non encore démyélinisées mais gênées par la compression qu'entraînent ces oedèmes. Il contribue ainsi à réduire les périodes inflammatoires et à prolonger les phases de rémission. Par son application sur les membres, il exerce une action supplémentaire sur la spasticité, l'atonie, la fonte musculaire progressive et le clonus. Par l'effet conjugué de ces différents facteurs, on obtient le plus souvent une amélioration de la performance motrice des extrémités malades. Ces résultats ont été obtenus :
Les trois auteurs estiment que la méthode produit de bons résultats, même en période de poussée, car elle accélère le reour d'une phase de rémission. Le Drainage Lymphatique Manuel selon Vodder semble donc trouver sa place dans l'arsenal thérapeutique de la SEP.
Evelyne SELOSSE
(1) Dr. med. Johannes ASDONK, Feldberg-Klinik, Altglashutten, D-6721
FELDBERG 1, All.
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